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Reims : le tout sécuritaire qui va coûter cher

Reims est-elle une ville où l’insécurité règne ? Oui si on en croit la majorité municipale actuelle. Pour elle, il n’y a pas assez de policiers municipaux et caméras de vidéo-protection (nouvelle appellation de la vidéosurveillance).

Reims est-elle une ville où l’insécurité règne ? Oui si on en croit la majorité municipale actuelle. Pour elle, il n’y a pas assez de policiers municipaux et caméras de vidéo-protection (nouvelle appellation de la vidéosurveillance).

Le 6 novembre 2014, le maire de Reims, son adjoint à la sécurité et la présidente de Reims métropole ont présenté leur « plan d’action sécurité » 2014-2018, plan s’inscrivant dans la droite ligne des lois sécuritaires qui ont une fonction de captation de l’opinion publique, d’occultation idéologique de la politique actuelle de liquidation de l’état social. Ceci entre dans l’"ordre mobile" plaidé par N. Kosciusko-Morizet : "Il importe avant tout que le curseur de l’action se place là où l’adhésion accompagne le signe de l’ordre" (le Monde du 14 novembre 2002). L’objet réel n’est pas de traiter les problèmes dénoncés (délinquance, criminalité organisée...). Il faut au contraire que ces phénomènes perdurent. Il est même souhaitable que les chiffres de la délinquance contre les personnes augmentent ou soient gonflés pour tenir en haleine les électeurs apeurés.

Que contient ce « plan d’action sécurité » ?

D’abord un doublement des effectifs de la police municipale qui va passer de 59 agents en 2014 à 120 en 2018. « Les villes de taille similaire à Reims, on deux fois plus d’agents que nous. Dès janvier, on va en recruter vingt-deux supplémentaires ». But : « Que la police municipale soit présente sur l’ensemble de la ville, 7 jours/7, 24 h/24 ». Coût : plus de 710 000 € de masse salariale supplémentaire en 2015 (soit 32 273 € par agent).

Et une multiplication du nombre de caméra par 5 d’ici 2018. « Il s’agit de répondre au sentiment d’insécurité ambiant des Rémois tout en gardant un oeil sur les entreprises et commerces de la ville. Nous allons déployer 159 caméras supplémentaires dont quarante en 2015 avant la fin du mandat, en complément des 36 déjà installées depuis 2008 ». 40 seront déployées entre juillet 2015 et janvier 2016 et tournées vers les zones sensibles (ZAC Farman ( ?), esplanade Fléchambault, Saint-Thomas, Croix-du-Sud). La mairie se dote surtout de caméras fixes de haute définition, permettant de zoomer, pour lire une plaque d’immatriculation par exemple ou identifier un individu suspect, ainsi que de caméras d’alarme qui se déclenchent en cas de mouvement. « Nous allons aussi disposer de caméras temporaires pour pouvoir les positionner selon la délinquance du moment ». Coût pour 2015 : 460 000 €, soit 11 500 € par caméra. De plus, il va falloir un Centre de Supervision Urbain plus grand : la Ville de Reims l’a dimensionné en tenant compte des besoins des autres communes de l’agglomération. Tous les Maires ont donc été consultés ; leurs besoins ont été recensés et pris en compte pour que des conventions bilatérales soient signées entre la Ville de Reims et les autres communes. Le Centre de Supervision Urbain sera donc le premier service que Reims mettra à disposition des communes voisines.

Un bâtiment de 1 200m2, se situant rue Ernest-Renan, aménagé et mis à disposition par Reims métropole. « Il s’agit d’un des nombreux sites vides trouvés à notre arrivée et qui sont une charge pour la collectivité. Il s’agit d’une friche d’Arcelor Mittal, acquise de manière hasardeuse à l’été 2013. Le site a le mérite d’être bien desservi et a une capacité de parking non négligeable ». En 2015, les sites rue Thiers et rue du Temple vont être abandonnés, sera conservé simplement un accueil à l’îlot Jadart. Le déménagement des policiers municipaux aura lieu en avril et l’installation du Centre de Supervision Urbain en octobre. Coût : 1,6 M€ d’investissement en 2015 pour Reims métropole et 539 000 € pour la Ville.

Enfin, on trouve dans ce « plan d’action sécurité » deux autres principes concernent les gens du voyage et les comportements gênants en ville. Il s’agit de organiser l’expulsion des lieux squattés illégalement et des campements illégaux des gens du voyage et réprimer les comportements gênants en ville et de verbaliser les comportements véritablement gênants en ville dont la station assise prolongée gênant le passage des piétons, les regroupements de personnes avec plus de deux chiens, l’ébriété sur la voie publique.

Pour la Ville de Reims et Reims métropole, il faut agir aux côtés des autres communes de l’agglomération sur l’ensemble de la chaîne de la sécurité, de la prévention et de la dissuasion (vidéo-protection) à la répression puis à la réparation (travail d’intérêt général). Le « Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance », instrument de gouvernance à l’échelle du territoire intercommunal chargé de l’élaboration et de la mise en oeuvre d’une feuille de route appelée « Stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance » verra cette gouvernance simplifiée.

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